Histoires et ressources de vie : ils témoignent

Cette rubrique nous offre des regards croisés de personnes ayant des antécédents de cancer(s), d’aidants qu’ils soient de l’entourage proche (famille, amis…) ou d’aidants professionnels de santé voire d’acteurs de la société civile.  En toute sincérité, ils nous livrent librement leur parcours de vie. Malgré les difficultés d’ordre psychologique, sociétal, familial ou d’impact sur la santé après la phase des traitements intensifs qu’ils ont pu rencontrer ou dont ils sont témoins, ils retracent des ressources réconfortantes qui font partie de leur quotidien. Ces parenthèses de vie, ces bouffées d’air donnent toute la force à leur vie.

« Trouver des ressources insoupçonnées et accompagner ces « combattants » apportent de la force »

Jean Louis

Ma vision

« La vie est belle ! ». Quel que soit le moment de la maladie, il y a toujours de l’espoir. Partager ses difficultés, permet de trouver des ressources insoupçonnées et accompagner ces « combattants » apportent de la force !

Les répercussion de la maladie vécues

L’accompagnement demande « un oubli de soi », une prise de recul.
Dans les nombreux accompagnements, j’ai pu voir combien, ces moments étaient attendus et donnaient l’impression d’être « hors du temps » de la maladie : il ou elle oubliait son cancer, son traitement, voire ses douleurs (physiques ou morales). Très souvent, le cheminement vers la guérison se faisait à deux et le partage était très « intime » et, malheureusement, quand le sort ne basculait pas du bon côté, nous devions suppléer souvent la famille ! Le cancer isole !

Comme souvent, une fois que les patients se trouvent en phase de rémission ou de guérison, les liens se distendent. Dans de très très rares cas, au contraire, ils ou elles continuent de nous donner des informations sur leur nouvelle vie. Je comprends parfaitement, car c’est un moment de vie particulièrement violent et beaucoup souhaitent « tourner la page », oublier et très peu souhaitent ou peuvent s’impliquer ou désirent transmettre leur « expérience ».

Mes aides

LA ressource majeure dont peuvent bénéficier les personnes pour prévenir ou minimiser les répercussions du cancer, c’est le dépistage !

Pour ma part, un dialogue sans langue de bois m’a permis d’affronter toutes les étapes et gagner cette « course de haies » contre mon cancer, car l’espoir était toujours là et il y avait toujours quelqu’un de l’équipe médicale, de la famille ou des amis qui m’empêchait de réfléchir autrement ! L’Activité Physique Adaptée, et pour moi la marche en montagne, a été un grand soutien.

Je n’ai jamais eu peur de la récidive (pourtant ma fille l’a vécue, mais avec une force inouïe !) et le retour au travail n’a posé aucun problème. Avec ma fille,  nous avons voulu nous mettre au  service des autres en créant la première association de patients dédiée au cancer colorectal. Il fallait que nous transmettions notre expérience et fassions profiter les autres patients des connaissances acquises tout au long de nos parcours : France Côlon était né ! Notre disponibilité téléphonique ou présentielle permet souvent de dédramatiser des situations, car la personne a tendance à mieux écouter un
« ancien malade » et le travail en commun avec l’équipe médicale « passe mieux » !  Voilà les bénéfices apportés à ces moments privilégiés que nous vivons !

Mon message

Le cancer colorectal est « sale » et donc, reste encore dans le « non-dit », demande un « coming out » national, avec force et conviction par tous les acteurs de la chaîne décisionnaire. Nous savons que nous avons les moyens de minimiser le nombre de cancers colorectaux en France. Le dépistage et la sensibilisation des apparentés au premier degré sont clés.