Les droits au travail, des aidants et assurances

Elaborée par des juristes de l’association Juris Santé, cette rubrique mise à jour régulièrement vous donne des réponses concrètes à toute question relative à votre activité professionnelle, aux assurances à contracter et aux rôles et droits des aidants. A partir de cas concrets et réponses fréquemment évoqués auprès de Juris Santé, comprenez quels impacts sur la vie personnelle peuvent avoir les problèmes d’ordre juridique et administratif et ce que dit la législation.

Quel est l’impact sur ma vie personnelle ?

Le rôle d’aidant constitue un engagement personnel éprouvant, qui peut créer des tensions internes importantes et qui suppose un repositionnement personnel dont l’aidant n’a pas toujours les clés.

La vie quotidienne de l’aidant est impactée par les besoins de l’aidé. La responsabilité est permanente et se décline par une multiplicité de tâches (tâches ménagères, tâches administratives, soutien psychique, soutien physique, soins).

Aux côtés du patient, l’aidant peut être la victime de dégâts collatéraux : cette réalité de vie a des impacts sur sa vie personnelle et professionnelle.

Tout d’abord, l’impact psychologique de ce rôle est important, puisque l’aidant a une peur permanente de l’imprévu (accident, aggravation soudaine de la maladie) et une incertitude sur l’évolution de l’état de santé de l’aidé (inquiétude permanente, inquiétude pour le futur, culpabilité, stress).

Il peut également y avoir un bouleversement des rôles, caractérisé par le glissement vers un rôle de soignant de l’aidant. Par exemple, dès lors que l’individu devient aidant de son conjoint, on observe une transformation du lien conjugal en lien maternant.

Par ailleurs, le rôle d’aidant implique de nombreux risques en termes de santé ou de vie sociale.  L’aidant a moins, voire n’a aucun temps pour lui donc dispose de peu de répit. Cela entraine des effets néfastes sur sa santé : douleur, fatigue, anxiété, insomnie, dépression, épuisement mental, augmentation des risques de maladie ou de décès prématuré.

Ce rôle particulier peut aussi entraîner un repli sur soi et un isolement exprimé de différentes manières : rejet d’autres aidants (fratrie, conjoint), refus d’aide extérieure, repli sur le « couple » aidant/aidé, désintérêt pour les activités et le travail (perte d’emploi, précarité, retraite anticipée…).

Cette situation, symbole d’une rupture d’équilibre pour l’aidant, nécessite la recherche et la mise en place de solutions.

Les solutions en termes d’actions menées par l’aidant sont indispensables. Il est important que ce dernier fasse attention à sa santé en ayant, par exemple, une activité physique et des loisirs. L’aidant doit également prendre soin de lui par l’acceptation de ses limites, l’échange avec d’autres aidants mais aussi par la recherche de répit. Il est aussi important qu’il redonne du sens à l’aide apportée.

L’ensemble de ces solutions nécessite que l’aidant connaisse ses droits, ce qui lui permettra d’avoir accès aux aides spécifiques que peuvent apporter les acteurs concernés par les aidants. Ces aides spécifiques concernent aussi bien la vie personnelle que professionnelle de l’aidant : bilan de santé spécifique gratuit, activités sportives adaptées, aides juridiques, formations spécifiques, prise en compte de son statut par le médecin du travail, bénéfice de congés « aidant », etc…